Anne Bérest : La Carte postale
Anne Bérest raconte l’histoire d’une famille juive prise dans la tourmente des évènements du XXème siècle : les Rabinovitch quittent l’URSS en 1919 : les parents partent en terre d’Israël , les fils se dispersent : Tchécoslovaquie, Grande-Bretagne, Etats-Unis, ou France. Mais la Seconde Guerre Mondiale éclate. Ephraïm refuse de quitter la France , un homme honnête et travailleur comme lui ne voit pas pourquoi il serait menacé. Mais seule survivra Myriam, une de ses filles, par qui, indirectement, la narratrice va découvrir l’histoire tragique de sa famille.
J’ai beaucoup aimé ce roman, histoire terrible, humaine, nuancée où l’on voit que l’antisémitisme, qui à tort se confond avec l'état d'Israël, est toujours, hélas, bien vivant, malgré les leçons de l’Histoire.
« Parmi le courrier, très ordinaire en ce début de mois de janvier, elle était là. La carte postale. Glissée entre les enveloppes, l’air de rien, comme si elle s’était cachée pour passer inaperçue.
Ce qui a tout de suite intrigué ma mère, c’était l’écriture : étrange, maladroite, une écriture qu’elle n’avait jamais vue auparavant. Puis elle a lu les quatre prénoms écrits les uns en dessous des autres, sous forme de liste.
Ephraïm
Emma
Noémie
Jacques
Ces quatre prénoms, c’étaient ceux de ses grands-parents maternels, de sa tante et de son oncle. Tous les quatre avaient été déportés deux ans avant sa naissance. Ils étaient morts à Auschwitz en 1942. Et ils resurgissaient dans notre boîte à lettres soixante et un ans plus tard. Ce lundi 6 janvier 2003.
- Qui a bien pu m’envoyer cette horreur ? s’est demandé Lélia.
Ma mère a eu très peur, comme si quelqu’un la menaçait, tapi dans l’obscurité d’un temps lointain. »


Miguel Bonnefoy: Héritage.
On quitte les histoires de femmes, quoique. Le roman raconte l'histoire de quatre générations: le plus ancien, français, se rend en Argentine puis au Chili parce que son vignoble est ruiné par le phylloxéra. Un de ses fils part se battre en France lors de la Seconde Guerre Mondiale. Sa petite-fille sera pilote en Angleterre lors de la Seconde Guerre Mondiale, l'arrière-petit-fils, victime de la répression de la dictature de Pinochet et de la torture, émigre en France... S'y mèlent des personnages déjantés, des oiseaux, des apparitions, c'est baroque. Il faut dépasser le dépaysement pour s'attacher à cette famille extraordinaire.
" Cent ans plus tard, lui, son arrière-petit-fils, prenait le chemin du retour, après deux guerres mondiales et une dictature, et peut-être que, dans un demi-siècle, un nouvel exil viendrait s'additionner au long et lent feuillage des évènements, en une infinie de quêtes, de douleurs et de naissances."

Beaucoup de guerres et de souffrances... qui font écho à l'actualité, hélas.
Commentaires
Coucou Christine et bien tu as dévoré ses trois histoires et tu nous en livre des extraits,j'avoue que j'évite de plus en plus tout ce qui est dramatique ,peut être la politique de l'autruche tant cela m'attriste, me mine, je ne comprends pas ce monde fait de haine, de violence morale, physique et je reste choquée que toutes formes de racismes existent tout simplement ...Chez moi on nous a appris la tolérance, le respect d'autrui ,mes parents n'étaient pas parfaits loin de là et nous non plus mais rien ne justifie ces horreurs....J'ai vu,lu pas mal de choses au sujet de Madame Pélicot et ce qui m'a frappé c'est sa dignité, sa force morale et je suis comme elle pensant que l'amour peut tout sauver ou presque, ça donne de l'espérance pour nos enfants, nos petits enfants meme si cela s'amenuise un peu de jour en jour...le dernier livre semble dur enfin je ne trouve pas les bons mots ,à penser que les hommes aiment la guerre et le chaos ,cela laisse des traces indélébiles dans les familles et lorsqu'on voit ce qui se passe dans le monde actuellement c'est effrayant, on ne retient aucune leçon des souffrances de nos aïeules(s).....c'est effrayant....Très douce fin de journée, gros bisous....
Deux livres "lecturement" intéressant. Je retiens surtout le tire du premier de ceux que tu viens de lire. Je remarque qu'ils sont titrés d'un prix. J'aime aussi acheter ces livres-là. Le prix attribué est toujours le gage d'une certaine qualité.
Coucou Christine,
Merci pour les résumés des œuvres que tu nous fais partager. Tu es plus sérieuse que moi... Je lis énormément, tu le sais, mais je ne peux plus lire de parutions qui me saperaient le moral... La situation mondiale est suffisamment préoccupante
pour nous traumatiser alors je choisis la facilité.
Tu vas peut- être être surprise, mais j'ai acheté le dernier Musso, paru mardi. Très bon à mon goût, dévoré d'une traite, 468 pages ... Une bonne évasion...
J' espère que tu vas bien.
Je te souhaite une bonne fin de semaine, on s' appelle la semaine prochaine ? Bisous bisous. A bientôt. Seringa.